mardi 30 novembre 2010

J'essaie de dessiner tous les jours, accumulant traits après traits une pilosité graphique digne de Pam Grier, façon Coffy, la panthère de Harlem... Pourquoi ? Contre quoi lutte-t-on ? L'odieux passage du temps, l'agréable isolement que cette activité procure ? Le plaisir, quand ça l'est encore, j'ai déjà croisé des dessinateurs blasés, pourtant, ils continuent, à cause des biscuits de l'autosatisfaction, le confort, le prix de vide... mais qui voudrait d'une vie en pyjama ? Et, ensuite, pourquoi la publication d'albums serait le but pour le dessinateur lambda (heureusement les blogs BD canalisent l'ardeur de certains...), d'où vient au final ce besoin de publications effréné ?

L'auto ou micro édition, le fanzinat, bref la modestie et le retrait du monde marchand devraient être plus présent dans l'esprit de beaucoup, plutôt que d'apparaître 30 secondes, à raison d'un nombre hallucinant d'albums publiés chaque jour, et figurer dans d'horribles enseignes, où une personne équilibrée ne pose JAMAIS une tongue... Dans le même temps le jeunisme obligatoire et malheureux ne doit pas rester seul sur les gondoles, et ce trop plein de production, au final, chasse les derniers aventuriers de l'édition...

D'où vient toute cette foule créative, chaque enseignant dans ce pays a-t-il enfanté une fratrie d'artistes ? Comment un tel déferlement de personnalités talentueuses, de mecs et nanas capables d'être à l'aise à la radio, dans les médias, qui abordent la BD, et le reste, d'une façon professionnelle, militariste, imaginaire à plat, si peu fécond, ego victorieux, la mode : cette merde, et surtout un mutisme total face à la violence du monde !

Dans le même temps, le nombre d'abonnés en médiathèque chute, et de plus en plus, j'entends le mot "livre" pour parler du dernier "TÉLÉ Z" ou du catalogue "Auchan", au travail, dans des rencontres il devient parfois difficile de simplement discuter, victimes d'un "zapping" incessant...

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